Qui sont les hommes politiques français potentiellement victimes d’espionnage ?

La liste des cibles potentielles visées par le logiciel espion israélien « Pegasus » de la société israélienne NSO pour le compte des services secrets marocains s’étend désormais à la sphère politique française. Outre une trentaine de journalistes et personnalités médiatiques comme le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, d’éminentes personnalités politiques ont également été nommées en 2019 pour un éventuel piratage de leur smartphone.

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Leurs numéros figurent dans la liste des 50 000 numéros de téléphone obtenue par le réseau de journalistes Histoires interdites et l’ONG Amnesty International, dont on ne sait pas s’ils ont effectivement été piratés ou non. Depuis mardi, un consortium de 17 médias, dont Le monde et Radio-France, qui s’est emparé des données de cette liste, a entamé une série de révélations sur les victimes potentielles de ce logiciel espion.

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Le royaume chérifien nie toute implication dans une affaire d’espionnage, la société israélienne NSO niela plupart des informations publiées depuis la révélation de cette affaire.

► Au sein de l’exécutif

Un numéro utilisé par le président de la République Emmanuel Macron figure sur cette liste, tout comme celui de son ancien Premier ministre Édouard Philippe, épouse de ce dernier et ancien assistant parlementaire. 14 membres actuels ou anciens du gouvernement en 2019 ont également été la cible d’un potentiel piratage : Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire, Christophe Castaner, Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer, Nicole Belloubet, Jacqueline Gourault, François de Rugy, Marc Fesneau, Sébastien Lecornu, Julien Denormandie, Annick Girardin, Didier Guillaume et Emmanuelle Wargon.

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► Au sein de la majorité

Plusieurs responsables politiques, membres de la majorité en 2019, ont également vu leurs noms cités par le consortium médiatique à l’origine des révélations comme des victimes potentielles : le président de Modem François Bayrou, l’ancien patron du groupe LREM à l’Assemblée nationale Gilles Le Gendre, ou le mathématicien et ancien membre du parti macroniste Cédric Villani.

► En opposition

Des politiciens de tous bords sont également sur la liste. C’est le cas du député de la France insoumise Adrien Quatennens ou du maire de Béziers proche du Rassemblement national et ancien leader de Reporters sans frontières Robert Ménard. Le numéro de téléphone d’Olivier Besancenot, membre du Nouveau parti anticapitaliste, fait également partie des données analysées par le consortium médiatique.

Enfin, Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail sous François Hollande, est également concernée. Double nationalité française et marocaine,elle s’est retirée de la vie politique pendant plus de trois ans.