En Île-de-France, contre Valérie Pécresse en tête, la gauche réussit dans l’union

Elle avait fait de sa victoire la condition de son avenir politique. Valérie Pécresse, présidente LR sortante de la région Île-de-France, a enregistré une confortable avance au premier tour, avec 35,94 % des voix. Un score sans surprise au vu du haut niveau de satisfaction des Franciliens sur son palmarès, mais tout de même décisif pour celui qui n’avait gagné que d’une courte tête en 2015 face à Claude Bartolone, ravissant ainsi la région de gauche.

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« J’ai besoin d’une majorité claire pour diriger notre région, a aussitôt indiqué Valérie Pécresse. Dès demain, la liste du très grand rassemblement que j’anime rassemblant toutes les sensibilités sera redéposée à la préfecture. Cette liste de deuxième tour est la même que la première. Même liste, même projet. « 

Déceptions pour LREM et le RN

Pas d’accord donc avec la liste de la majorité conduite par Laurent Saint-Martin, qui fait un score décevant pour son camp : dans une région qui a voté Emmanuel Macron à près de 80 % au second tour de la présidentielle, il ne récolte pas seul 11,76 % des voix.

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Mais la surprise, au soir du 20 juin, vient d’ailleurs. Tout d’abord, le Rassemblement national (RN), qui, comme dans toutes les régions, a enregistré un score décevant au vu des derniers sondages. Jordan Bardella, 25 ans, qui s’est construit une image politique lors des européennes, obtient entre 13,12 % des voix, alors qu’il était crédité de 17 % en début de semaine. Dans cette région réticente à voter RN, le parti de Marine Le Pen espérait une avancée symbolique qui n’a pas eu lieu.

Union de la gauche

Ensuite, et c’était l’un des enjeux de l’élection, l’écologiste Julien Bayou (EELV) prend la tête des listes de gauche, avec 12,95% des voix, devant la liste d’Audrey Pulvar, adjointe à la mairie de Paris Anne. Hidalgo, pour le Parti socialiste (11,07 %) et celui de Clémentine Autain pour la France insoumise et le Parti communiste (10,24 %). Au coude à coude dans les derniers sondages, les trois candidats attendaient la sanction du scrutin pour savoir lequel d’entre eux conduirait le bloc de gauche au second tour.

En capacité de se maintenir, les trois listes, qui cumulent donc 34,26% des voix, ont fusionné lundi en début d’après-midi derrière Julien Bayou. « Ça y est nous sommes unis, pour l’écologie et la solidarité, le changement est à portée de main », a-t-il déclaré sur Twitter. La chose semblait se faire entendre dès dimanche soir. Audrey Pulvar avait annoncé que sa liste était à la disposition de celles des deux autres candidats « Retrouver la voie d’une large union de la gauche ouverte, républicaine et bien sûr écologiste ». Quant à Clémentine Autain, elle note que « L’alliance des trois listes conduite par Julien Bayou nous met au coude à coude avec Valérie Pécresse ».

Cela suffira-t-il à ramener la région vers la droite ? Rien n’est moins sûr. Selon un sondage réalisé début juin, le report des votes n’est pas total pour Julien Bayou (27%) et Valérie Pécresse pourrait donc être réélue.