Lettre N°1

C’est à titre posthume que je t’écris, car j’en ai besoin, mon cher amour, pour te dire définitivement adieu.

Ironie du sort, toi l’hypocondriaque, tu es mort en épectase à Venise, je ne m’en remets toujours pas !

Je n’avais utilisé aucun moyen coercitif à ton égard pour que nous allions passer la Saint Valentin là-bas,

au contraire, c’est toi qui avais organisé ce séjour, étant donné que c’était aussi la période du Carnaval.

Tu voulais en effet absolument te déguiser en saltimbanque, en dragon ou en chevalier, tu ne savais pas trop,

ce serait selon ce que tu trouverais sur place.

Pour honorer les amoureux, tu aurais bien aimé également que nous ressemblions à ceux de Peynet,

une pointure pour toi, cet artiste, mais encore fallait-il trouver les costumes correspondants !

Arrivés à l’aéroport, nous avons loué une voiture, mis la valoche dans le coffre

et nous voilà partis pour la place de Rome,

à l’entrée de la ville. De là, nous avons pris le vaporetto pour la place Saint Marc.

Toute la ville était en effervescence. Il y régnait un vacarme épouvantable,

et après avoir invoqué tous les saints que tu connaissais

pour avancer plus vite dans les embouteillages du Grand Canal,

nous avons enfin atteint l’entrée de notre hôtel.

Comme nous étions littéralement sur les genoux,

nous avons pu nous allonger un moment sur une méridienne, dans l’entrée.

De drôles de gens passaient sans interruption dans la rue, certains enrubannés,

maquillés, d’autres masqués, avec par exemple,

un piment-oiseau perché sur un drôle de chapeau, ou un revolver à la ceinture.

Comme tu étais très fatigué, la moutarde t’est vite montée au nez,

d’ailleurs tu as émis un retentissant « atchoum » et tu m’as dit :

« bon, on n’est pas venus pour des cacahuètes,

mais avant de faire la fête avec toute cette foule, on va monter dans la chambre,

je vais te faire la tienne (de fête) et après on mangera une soupe chaude et un repas léger,

et on sortira chercher nos costumes ! »

Dis comme ça, mon amour, c’était super romantique !

Aussitôt dit, aussitôt fait !

 

Arrivés dans la chambre, tu t’es jeté sur moi avec beaucoup d’entrain pour me prouver ton désir

et je dois dire que ce fut exceptionnel !

Mais était-ce à cause de ta grande lassitude, au moment crucial,

j’ai senti que cela n’allait pas du tout et tu t’es écroulé au bas du lit à baldaquin.

J’ai aussitôt appelé les secours mais rien n’a pu te sauver, hélas, tu as fait une crise cardiaque !

Et depuis, je pense à toi avec beaucoup d’affection et j’écoute en boucle,

la chanson d’Hervé Vilard « Venise pour l’éternité », en pleurant…

Clara (Claramicalement)

 

 

Commentaires  

 
0 #5 C Florence 21-02-2015 07:42
Florence - Testé pour vous
Ben ça alors...Tu es donc restée sur ta faim (sur sa fin) ? Pauvre ! Je rigole et je note que toutes et tous on ne retient que la fin de ta déclaration...l'instant crucial ! hi hi hi, bravo
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+1 #4 annuairepourlesnuls 16-02-2015 15:22
Ah j'adore les gondoléances de l'amie Claire Fo ;) :-*
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+2 #3 Errances 16-02-2015 12:36
zut alors te voilà donc veuve!!!!!!!!!! !
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+2 #2 gibee 15-02-2015 23:11
Oh le pauvre :(
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+2 #1 claire fo 15-02-2015 19:31
On dirait la St-Lamentin!
Toutes mes gondoléances!

Bravo!
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